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Le portrait du mois de Mai

Thursday 20 May 2021

Portrait de Véroique MAIRE, Designer, enseignante et titulaire de la chaire IDIS à l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Reims.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis Véronique MAIRE, j’habite à Pantin, dans la banlieue parisienne et je suis originaire d’Alsace. J’ai toujours voulu être designer, j’ai donc passé un baccalauréat en Arts Appliqués et je me suis inscrite à l’ESAD de Reims. A l’époque, les écoles régionales des Beaux-Arts vivaient une transformation et devenaient des Ecoles Supérieures d’Art et de Design. Ce milieu très créatif et polyvalent m’a tout de suite attirée vers cette profession.

J’ai 46 ans et j’ai fait toute ma carrière dans le design. J’ai débuté au sein de l’agence Andrée PUTMAN, où j’ai pu approcher aussi bien des maisons de luxe que des industriels.
Aujourd’hui, je partage ma pratique du design entre l’enseignement (à Reims), la recherche, je travaille actuellement une publication sur le chanvre qui présentera, entre autres, les travaux développés localement avec mes étudiants. Je me suis aussi lancée dans la création de ma propre marque « Mamama » et produis une série d’assiettes pour les grands chefs gastronomiques.

Et enfin, je réponds à des commandes d’entreprise, la dernière en date pour le céramiste bourguignon Emile Henry. Le rapport entre la création, la production et le territoire m’a toujours passionnée, et c’est ce que je souhaite enseigner auprès de mes élèves.


Parlez-nous un peu de votre parcours!
J’enseigne à l’ESAD de Reims depuis 15 ans. Je suis très attachée à cette école puisque je suis issue de l’une des premières promotions de designer.

Nous formons les étudiants à un premier diplôme, le DNA « Diplôme national artistique », un cursus de 3 ans durant lequel les étudiants vont toucher à toutes les facettes de la création (la photographie, la vidéo, la peinture, la céramique, la plasturgie, le graphisme, le design, la scénographie et l’espace …), avec la possibilité de s’orienter plutôt en Art ou en Design.

Puis, ils ont la possibilité de poursuivre pour deux années supplémentaires (Master 1 et 2). Moi, j’interviens en 4ème année (master 1) avec un projet tuteuré : la CHAIRE IDIS que je porte depuis sa création et soutenue depuis le début par la Région Grand-Est et le Grand Reims.
Inaugurée en 2015 et intitulée « Industrie, Design et innovation sociale » (IDIS), c’est la première chaire de design créée dans une école supérieure d’art française. À travers elle, mon souhait est de faire pénétrer le design sur le territoire en créant des croisements entre différentes compétences issus du monde social, productif et de la recherche.

La dimension sociale y est très importante. Pendant 6 à 9 mois, les étudiants travaillent avec des petites et moyennes entreprises locales pour l’élaboration de leur projet, jusqu’à la création d’un prototype. Ces structures à taille humaine sont intéressantes pour comprendre la richesse d’une entreprise : le savoir-faire, les gens, la qualité de travail,.. Cela les invite à se questionner sur leur ouverture, sur l’objet produit et cela peut les amener à tout autre chose… Ce processus leur permet également de se questionner sur ce qu’ils produisent aujourd’hui et ce qu’ils pourraient produire demain.

Quels sont vos liens avec le Parc ?
J’ai pris l’initiative une première fois de travailler avec le Parc des Ballons des Vosges que j’ai rencontré lors d’une exposition à la Maison de la région en 2018. Je me suis dit à cette époque qu’un écosystème comme le Parc pourrait être un terrain de jeux super pour un designer ! Est née alors une première collaboration axée sur la filière bois et plus spécifiquement sur la valorisation du sapin et de l’épicéa.*
Puis, nous avons réitéré ce projet avec le Parc naturel régional de la Montagne de Reims pour valoriser cette fois-ci le Chêne et sa filière locale.

De beaux projets ont émergé de ces travaux et ont permis de rendre visible les savoir-faire, le patrimoine culturel régional et la biodiversité du Parc. Je pense notamment au projet « Corridor » qui se place dans les lisières forestières pour faciliter le déplacement des espèces animales et des insectes, en réponse aux lisières abruptes communes à notre territoire. Je pense aussi à celui sur les odeurs qui se dégagent du bois quand il est brulé pour être façonné en tonneau.

Cette année, deux entreprises locales ont donné de leur temps et de leurs compétences : l’une est spécialisée dans la charpente et la menuiserie (ATB - Art et technique du Bois) et l’autre dans la fabrication de tonneaux (La tonnellerie de Champagne). L’une est portée par des compagnons du devoir et l’autre est une entreprise du patrimoine vivant, toutes deux avec de vraies connaissances, un très beau savoir-faire et conscientes de la nécessité de le sauvegarder. 


L’équipe du Parc, plus particulièrement le service de l’environnement et la chargée de Mission de l’époque Mme Alvina HEYNE en charge de la Charte forestière, puis avec Thibaud Rault, nous ont bien accompagnés dans tous ces projets.  
Nous présentons régulièrement nos productions, que ce soit à Paris lors de la Paris Design Week en septembre ou en région comme cette année. L’ensemble de la démarche sur la filière bois sera présentée à la Maison de la région à Strasbourg du 17 novembre 2021 au 7 janvier 2022.


Quel est votre endroit préféré en Montagne de Reims ?
Pour le coup, j’ai appris à découvrir la Montagne de Reims à travers ce projet. J’ai surtout parcouru la Maison du Parc et puis le Sentier découverte de Mailly-Champagne. J’ai énormément apprécié cette balade et le plateau qui culmine sur le point de vue avec les Plaines champenoise et la métropole rémoise !


Ce qui est intéressant dans ce cheminement, c’est qu’il commence par le centre bourg, puis la vigne et c’est une fois dans la forêt, que nous comprenons très bien la géologie de la Montagne de Reims. C’est extrêmement intéressant ! L’approche géologique permet de donner des éléments de compréhension de la « Montagne » de Reims.